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Les réseaux sociaux et la grève : quelle attitude ?
Posted by L'auteur in Technologie on 1 octobre 2010
Jeudi dernier c’était grève. 1 millions de manifestants selon la police 3 millions selon les syndicats. Rapporté aux actifs français au nombre de 28 millions, ça fait entre 1/28e et environ 1/9e des français qui battaient le pavé. Donc entre 3,6% et 10,6% des actifs étaient dans la rue. Certainement un nombre important de ceux là sont aussi membres de réseaux sociaux surtout qu’il parait que le web est en fait une gauchosphère. Et demain, rebelote. Les syndicats appellent à manifester ce samedi. La question que doivent se poser les les amateurs de réseaux sociaux : puis-je l’annoncer sur Internet ?
Un peu partout dans les tribunaux des Prud’hommes, des salariés sont virés pour ce qu’ils racontent sur les réseaux sociaux. La raison invoqué ? Les propos mettent en cause l’entreprise. Que ce soit la critique du management, des propos tenus qui pourrait aller à l’encontre de la politique de l’entreprise voire de ses intérêts ou la notation des salariés de l’entreprise font peur aux entreprises. La parole libérée de leurs salariés sur le web est un risque pour elle et sont souvent frileuses lorsqu’elles tombent dessus. Participer à une manifestation n’est pas interdit pourtant utiliser un compte professionnel comme sur Twitter ou un compte Facebook où est mentionné le nom de son entreprise peut se révéler… problématique. Comment l’entreprise considérera son association avec une manifestation ? Et le recruteur ?
Qu’en pense l’utilisateur ?
J’ai donc demandé sur Twitter ce qu’en pensaient les utilisateurs du réseau social. Les réponses ne se sont pas fait attendre. Et deux types de déclaration ont été mise en avant. J’ai eu deux types de réponse. D’abord les « travailleurs de Twitter » : communiquants, marketing, journalistes… Ensuite les « Twitter militants » : souvent des militants ou des personnes qui s’intéressent à la politique sans être engagé. Les premiers écrivent souvent sous leur nom, les seconds écrivent sous pseudo. Les premiers indiquent leur entreprise, les autres ne le font pas. Ce sont donc deux populations bien distinctes. Les seconds mettent d’abord en avant l’activité militante : « si on veut mobiliser, oui« . Les premiers mettent en avant une réponse plus nuancée : c’est suivant l’utilisation du compte du réseau social et de la politique de l’entreprise. Comme l’explique le Modérateur, community manager du site regionsjob dont je vous ai parlé sur l’article traitant des moteurs de recherche d’emploi, « tout dépend de la posture de son compte Twitter : pro ou perso, anonyme ou ouvert, assumé ou pas…« . Et de continuer que tout dépend aussi de la liberté permise par l’employeur. Rien de plus logique à première vue.
Qu’en pense l’entreprise ?
Quand j’ai été engagé dans mon entreprise en tant que community manager, il m’a été spécifié plusieurs choses. D’abord ne pas parler futilement ni envoyer de liens NSFW (not safe for work). Ne pas envoyer de liens que l’entreprise pourrait ne pas cautionner (liens vers des sites de téléchargement illégal, liens vers des sites ayant une politique contraire à celle de l’entreprise…). Et bien entendu éviter les sujets qui sont tabous en entreprise : la politique et la religion. Être l’une des voix de l’entreprise interdit tout dérapage et donc parler d’aller manifester. Mon compte Twitter professionnel est de toute façon apolitique, areligieux et évite les sujets graveleux mais je met pleins de liens de qualité (et ça, ça vaut le détour) comme l’installation d’un wiki d’entreprise. C’est mon exemple personnel, peut-être que certains autres personnes utilisent Twitter d’une autre manière.
Qu’en pense le recruteur ?
Le recruteur n’en pense pas grand chose. A moins que vous ayez indiqué votre compte Twitter et/ou Facebook et que lesdits comptes n’apparaissent pas en première page sur la recherche Google de votre prénom et nom, il n’ira pas chercher de ce côté là. Et s’il va regarder votre compte, il n’ira pas regarder les milliers de messages d’au plus 140 caractères que vous avez écrit. Non, comme pour une recherche Google, il lira la première page, la deuxième mais n’ira jamais beaucoup plus loin.
Alors, dire sur Twitter et les autres réseaux que vous allez manifester ? Vous pouvez… à moins que vous ne soyez en recherche d’emploi active avec vos prénoms et noms en profil, que votre compte soit professionnel ou que votre employeur refuse d’être associé à une manifestation.
Work for us, outil RH 2.0 ou gadget ?
Posted by L'auteur in Ils embauchent ! on 22 juillet 2010
Il y a quelques semaines, je lisais sur Techcrunch un article sur la start-up française Work for us qui permettait de faciliter l’embauche de salariés sur les réseaux sociaux. Pour faire rapidement le pitch, il y a des gens sur Facebook dont des personnes de la Génération Y qui sont difficiles à embaucher parce qu’ils ont un système de penser que le recruteur de plus de 50 ans ne comprend pas (problème générationnel comme d’habitude mais pas uniquement). Comme toute entreprise qui se respecte se doit d’avoir un fan page Facebook (dois-je créer mon fan page pourtrouverunemploi?), il lui faut aussi l’API work for us afin de permettre au fan de sa marque de pouvoir postuler au job qu’il aurait pu trouver sur le site Corporate ou n’importe quel site de recherche d’emploi.
Grand progrès pour l’entreprise, elle fait jeune, a accès à l’ensemble des infos du fan avec sa page Facebook et en plus cible une population de fans de sa brand image. J’imagine déjà Pampers transformer sa société en une nuée de femmes avec enfants en bas âge ou toys’r'us d’enfants de 7 ans ! Premier point, c’est un gadget pour de nombreuses sociétés qui n’ont aucun intérêt à homogénéiser leur salariat. Second point, il risque d’y avoir de graves problèmes de gestion de la réputation en ligne des salariés. Vous souvenez-vous de ces salariés virés pour avoir écrit des statuts sur Facebook, là votre statut est à côté de votre employeur (pas bien). Protéger sa vie privée, c’est aussi ne pas mélanger sa vie professionnelle avec ses turpitudes sexuelles, ses applications Farmville ou le Texas Hold’em.
Mon conseil aux entreprises : certaines entreprises trouveront intéressant de chercher à embaucher ses employés par Facebook, ça coûte moins cher que Monster, ça permet d’augmenter son nombre de fans sur Facebook ce qui permettra à l’entreprise d’améliorer sa présence 2.0 (mais attention la présence 2.0 ce n’est pas que ça). Mais embaucher par Facebook n’est pas un moyen d’embauche pour toutes les entreprises, vérifiez donc si c’est bien votre marché.
Mon conseil aux candidats : n’utilisez surtout pas votre Facebook privé pour répondre à une telle offre. Utilisez un profil public où le triptyque des relations sociales qui sont interdites en entreprise (sexe, religion et politique) n’apparaissent pas.
Mon conseil à tous : Surtout surtout surtout, n’oubliez pas que ce n’est pas parce qu’une entreprise embauche sur Facebook qu’elle est cool. Je me rappelle d’entreprises ayant embauché sur Second Life et je me rappelle même qu’une entreprise a acheté Second Life (l’achat le plus inconséquent qu’ait jamais effectué IBM à mon avis).